Pokémon Go au secours du tourisme thaïlandais

Pokémon Go, c’est le débat plus qu’inutile qui anime toutes les rédactions. Le principe : se promener en regardant le monde qui nous entoure à travers la caméra de son téléphone dans le but de voir et d’attraper d’hideux bonshommes qui eux n’existent pas, mais qui habiteraient certains lieux.

Tout comme ce fut sans doute le cas lors de l’invention du walkman ou même du journal, les avis divergent entre les défenseurs de cette avancée technologique majeure dans l’histoire de l’humanité et les plus sceptiques qui estiment dangereux et dommageable que l’on puisse porter son attention sur autre chose que son environnement extérieur.

Une économie du Pokémon?

Chacun y va de son analyse et prend des mesures exceptionnelles, à l’image de ce maire indonésien qui interdit aux enfants de jouer à Pokémon Go les jours de typhons. En Thaïlande, un pays où les habitants naissent avec un smartphone collé au nez, et où petits et grands excellent dans l’art d’écrire des messages ou de poster des selfies tout en conduisant une moto sans casque sur l’autoroute, on voit avant tout le phénomène comme une opportunité financière. Avant même la sortie officielle du jeu en Thaïlande, certains rêvent déjà d’une « économie du Pokémon » qui aiderait le pays à se relever de la morosité économique qui le gagne peu à peu. Sur l’île de Phuket, une entreprise a par exemple eu l’idée de lancer des tours en minibus à la poursuite de Pokémons rares.

Pokémon Go au secours du gouvernement

Mais l’initiative la plus étonnante vient du gouvernement thaïlandais lui-même. Suite aux attentats des 11 et 12 août qui ont fait un mort et 21 blessés dans plusieurs lieux touristiques de Thaïlande, les professionnels du secteur touristique craignent une désaffection des visiteurs, notamment des touristes asiatiques qui prennent la question de la sécurité très à cœur (cela se rajoute à un durcissement de l’octroi de visas touristiques et au doublement récent du prix des visas à l’arrivée). Le tourisme représentant près de 10% du PIB thaïlandais, il fallait réagir vite. Le gouvernement a donc immédiatement mis en place une première mesure : l’interdiction de l’emploi du mot « terrorisme », que les déontologues de la junte voudraient voir remplacer dans les médias par le terme de « sabotage local », suivant ainsi l’idée communément admise chez les enfants de moins de sept ans selon laquelle ne pas parler de quelque chose le fait disparaître.

L’idée la plus originale revient néanmoins au ministère du Tourisme qui a annoncé compter sur Pokémon Go pour relancer le secteur en Thaïlande. Son idée : travailler avec les développeurs du jeu pour installer des arènes et des Pokéstops dans les lieux touristiques « sécurisés ». Autrement dit, l’objectif est de combler la désaffection de visiteurs réels prêts à payer pour visiter temples et parcs naturels, à l’aide de cybervisiteurs venus chasser des pixels et des lignes de code. Idée à la noix ou réelle opportunité à défricher ? L’avenir nous le dira. On ne pourra au moins pas reprocher à ce gouvernement de n’avoir rien essayé…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *