Source : Somwang

Bref, j’ai été au temple…

Elle, paniquée: « Je sens des odeurs d’encens à mon bureau. »
Moi: « Et ? »
Elle: « Personne ne brûle d’encens… »
Moi: « Et ? »
Elle: « C’est certainement un esprit, il faut qu’on aille au temple. »
Je réalise alors que très étrangement, il n’y a aucun temple autour de chez nous, juste une église un peu glauque dont j’entends les chants de ma fenêtre, et dans laquelle il est paraît-il tendance de se montrer quand on est du quartier.
Nous voilà donc partis pour l’autre bout de la ville, à China Town. En entrant dans la cour, je me sens pris d’une chaleur intense, celle des dizaines de pick-ups tapissant la magnifique place du temple et laissés allumés pour être prêts à repartir. J’entre donc, suivant les pas de ma bien-aimée d’un entrain tout relatif.
Le gardien du temple, m’arrête, planqué sous un parasol, levant lentement la tête: « Étranger! Étranger! Payer! Payer! Ticket, là bas! »
La vendeuse de tickets pour voir Bouddha, les yeux rivés sur son téléphone.
Moi: « Bonjour… Bonjour… Bonjouuuuuuuur! »
Je n’aurai jamais mon bonjour en retour, juste un bout de papier m’autorisant à parler à Bouddha. Déjà une victoire.
Mon ticket en poche, je m’approche de l’entrée du lieu saint quand soudain, une pluie torrentielle nous barre la route. A croire que le destin ne voulait pas que je rencontre le tout puissant. Nous nous réfugions sous une bâche publicitaire pour une chaîne de pizzerias.
À peine quelques secondes plus tard, le déluge s’arrête net. Nous avançons d’un pas décidé. Je tends mon ticket au gardien du temple. Aucune réponse. Il s’est endormi.
Je range mon précieux sésame dans ma poche (sait-on jamais) et tente d’entrer dans la maison de Bouddha.
Tout le monde se bouscule pour entrer le premier. Un jeune adolescent devant la porte me donne un coup de coude en voulant s’abaisser devant la statut tout d’or vêtue.
Nous entrons enfin, c’est la cohue. Une grosse dame à la mine apathique place les fidèles au fur et à mesure. Le rythme est effréné. C’est à notre tour. Elle place ma bien-aimée sur le tapis rouge, au premières loges devant le saint des saints venu d’Inde prêcher la bonne parole. Je la suis, nous nous agenouillons. Elle prie pour que les fantômes quittent son bureau, je prie pour m’en aller d’ici au plus vite.
La grosse dame, braillant toujours plus fort: « Étranger! Étranger! Le tapis rouge c’est pour les Thaïlandais! »
Moi, me levant, marmonnant dans dans ma tête: « Va bien *** ta ***! Je m’en *** de ton *** de tapis rouge! »
Nous sortons alors de ce brouhaha et je tente de retrouver nos chaussures. Trouvées. En fait un gosse jouait avec sous la pluie qui battait son plein. Les moines qui prenaient des selfies devant l’entrée courent se réfugier.
Moi: « Et si on allait boire une bière tant que ma religion ne me l’interdit pas… »
Elle: « Non, c’est mauvais pour ton régime. »
Bref, j’ai été au temple…

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